Voitures autonomes : Définition et enjeux

De nombreux modèles récents sont équipés d’aides à la conduite de plus en plus stupéfiantes. Mais sommes-nous prêts à entièrement lâcher le volant ?

01.08.2018

voiture autonome

1. Des aides à la conduite vers un véhicule entièrement autonome ?

Des aides à la conduite à l’autonomie totale d’un véhicule, certaines étapes peuvent paraître floues. Pourtant, il existe bien 5 (ou 6) niveaux qui sont admis aussi bien par les constructeurs automobiles que par la loi.

Niveau 0 : aucune autonomie

  • Conduite manuelle

Niveau 1 : aide à la conduite

  • Régulateur de vitesse adaptatif
  • Alerte de risque de collision
  • Détection d’angle mort

Niveau 2 : autonomie partielle

  • Gestion de la vitesse, des freins et de la direction
  • Système Park Assist

Niveau 3 : autonomie conditionnée

  • Prise en charge majoritaire de la conduite par le véhicule
  • Surveillance de l’environnement immédiat

Niveau 4 : autonomie élevée

  • Aucune supervision requise sauf cas particuliers
  • Stationnement autonome
  • Possibilité de récupérer le conducteur à un endroit précis

Niveau 5 : autonomie complète

  • Plus besoin de volant ou de pédales de vitesse

En Belgique, le niveau 2 est le plus haut autorisé même si des véhicules de niveau 3 voire plus existent déjà sous forme de prototypes sur le territoire belge.

2. Les obstacles liés à l’infrastructure et à la législation

80 à 90% des accidents de la route sont liés à des erreurs humaines. En théorie, le nombre d’accidents chuterait donc drastiquement si l’on introduisait des voitures autonomes sur le marché. Mais en cas d’accident, la question de la responsabilité devra se poser. Si la voiture commet une erreur liée à son logiciel, le conducteur ne peut logiquement pas être blâmé. La majorité des assurances seraient alors proposées par les constructeurs et rattachées au véhicule lui-même. Certains constructeurs automobiles, comme le groupe Volvo par exemple, ont déjà déclaré qu’ils endosseraient cette responsabilité.

Il faudrait également adapter les infrastructures à la conduite autonome. Les marques blanches au sol par exemple doivent être parfaitement visibles afin que le véhicule puisse ajuster sa conduite, il faudrait réviser les panneaux de signalisation, etc. Une autre solution envisagée serait de n’autoriser la conduite autonome que sur certaines routes adaptées.

3. La question de l’éthique

L’éthique est au cœur des débats autour des modèles autonomes. Conduire une voiture autonome implique de déléguer votre vie au véhicule. En cas de situation sans issue, il est possible que ce dernier choisisse de vous « sacrifier » plutôt que de tuer un groupe de personnes par exemple. Cela nécessiterait donc la mise en place d’algorithmes. Ceux-ci devraient être appliqués à l’internationale car il serait difficile d’accepter que la législation à ce sujet diffère selon les pays.

Le problème principal est qu’un conducteur agit par réflexe et n’a pas le temps d’analyser une situation dans ses moindres détails. L’ordinateur de bord, lui, devra impérativement être équipé d’un logiciel capable d’analyser et de réagir en cas de situation critique.

Une expérience menée par Sciences et vie TV a donné les résultats suivants :

  • Quand on leur a demandé s’ils se sacrifieraient en tant que conducteur pour sauver un groupe de 2 personnes, 50% des interrogés ont répondu « oui »
  • Pour la même situation mais cette fois-ci en sauvant 10 personnes, 76% des interrogés ont également répondu « oui »
  • La troisième question était : achèteriez-vous ce modèle de voiture, modèle qui vous sacrifierait pour sauver 10 personnes ? Seulement 26% des interrogés ont déclaré vouloir acheter ce véhicule.

L’étude démontre bien que, si les interrogés sont théoriquement en accord avec l’idée de laisser leur vie entre les mains de leur véhicule, ils ne se précipiteraient pas chez le prochain concessionnaire pour autant.

« Si les clients n’ont pas confiance en la technologie, ils ne l’utiliseront pas » Marcus Rothoff, directeur du programme voiture autonome du groupe Volvo.

4. Quels modèles peut-on trouver sur le marché actuel ?

Le marché des véhicules autonomes est d’un grand intérêt pour les constructeurs automobiles. Ils ont d’ailleurs bien compris qu’ils n’étaient pas assez avancés au niveau technologique pour être réactifs et performants sur cette part de marché face aux géants du numérique. C’est pour cette raison que des partenariats se sont formés, comme Renault et Microsoft par exemple.

Petite précision : comme susmentionné, vous ne trouverez aucun véhicule entièrement autonome sur le marché aujourd’hui. Il reste l’option des véhicules avec ADAS (Advanced Driving Assistance Systems), soit des fonctionnalités d’aide à la conduite très avancées. Le conducteur doit néanmoins être prêt à intervenir. En Belgique, il est illégal de lâcher le volant.

Article du Code de la Route R412-6 : Tout conducteur doit se tenir constamment en état et en position d'exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent.

Tesla X : ce modèle au prix de départ de 93 000 euros fait partie des plus avancés. La voiture corrige légèrement la trajectoire ce qui rend la conduite fluide. Si vous mettez le clignotant, elle est capable de doubler le véhicule devant elle de manière autonome, c’est le seul modèle pouvant effectuer une telle manœuvre. Vous avez la possibilité (théorique) de lâcher le volant. La voiture déclenche une alerte lorsque vous devez reprendre le contrôle. Si vous ne le faites pas assez rapidement, la voiture ne vous autorisera plus à passer en conduite automatique. L’option de pilotage automatique coûte 5700 euros.

Audi S5 coupé : ce modèle dispose d’un système de conduite autonome légèrement moins abouti que la Tesla car il anticipe moins les changements de direction. Le prix de départ est de 77 000 euros.

Mercedes E 350d : cette voiture est capable de conduire seule pendant une trentaine de secondes. Une autre fonctionnalité intéressante est qu’elle peut adapter la vitesse programmée à la vitesse autorisée en lisant les panneaux de signalisation et en se servant de la cartographie. La gestion de la direction est également très fluide.

5. Que valent ces compromis ?

Les obstacles à franchir avant de voir arriver des voitures autonomes sur nos routes sont divers et variés. En attendant, faire cohabiter conduite automatique et humaine peut s’avérer être une fausse bonne idée comme en témoigne l’accident mortel d’une Tesla en mode automatique en 2016. Le pilote automatique n’était pas défaillant, c’est le conducteur, qui devait en théorie être prêt à intervenir, qui a été considéré comme fautif.
Un chauffeur qui n’est pas sollicité finira systématiquement par s’ennuyer et par s’occuper à autre chose. Et lorsqu’il sera forcé de réagir en urgence, il risque d’être bien moins réactif que s’il conduisait lui-même.
Il y a des questions éthiques, législatives, infrastructurelles et technologiques qui doivent trouver une réponse afin de franchir les différents paliers jusqu’à la voiture autonome. D’après les estimations, les véhicules autonomes de niveau 5 ne seront pas introduits sur le marché belge avant 2025.

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